Les 6 bonnes raisons de commencer le patinage artistique

Temps de lecture moyenne : 7 minutes

Plan

I/ Les qualités physique développées grâce au patinage : un sport complet

II/ Des qualités mentales et esthétiques développées par la pratique du patinage

DEBUTER LE PATINAGE ARTISTIQUE

Vous rêvez de faire du patinage artistique mais vous ne savez pas par où commencer ? Découvrez ici les 6 « bonnes » raisons de débuter la pratique sans vous prendre la tête !

   Il n’y a pas d’âge pour débuter le patinage artistique. Tant que la motivation et l’envie sont là, lancez-vous, la vie est trop courte pour des regrets ! D’ailleurs, vous trouverez ici les qualités que le patinage développe aussi bien au niveau physique que mental et vous verrez qu’il participe à l’amélioration de la santé et du bien-être global. Une fois commencé, vous ne pourrez plus vous en passez.

Lisez l’article jusqu’au bout pour en être convaincu et répondez ensuite aux questions pour voir si vous changez d’avis ou pas à ce sujet !

I/ Les qualités physique développées grâce au patinage : un sport complet

1) Développement de la musculature et de l’endurance

  L’une des premières qualités physiques que le patinage développe est qu’il fait travailler tout le corps et participe ainsi au renforcement complet de la musculature de la tête aux pieds. Tous les muscles sont sollicités car les mouvements induits demandent de mobiliser tous les groupes musculaires, que ce soit simplement pour aller de l’avant que pour travailler les éléments techniques des plus basiques aux plus complexes. 

Les plus jeunes peuvent ainsi développer la tonicité musculaire en apprenant pas à pas à patiner sans avoir à se tenir ou à se déplacer avec une petite chaise en bois qui peut au début être utilisé pour apprendre à glisser en automatisant les premiers réflexes. La petite chaise aide l’enfant de manière ludique et peut lui permettre de se lancer plus facilement en lui ôtant la peur de tomber. Cela lui donne confiance dans un premier temps. Les parents aussi peuvent se sentir rassurés 🙂

Peu à peu, on apprend à l’enfant à se détacher de la petite chaise en lui inculquant les premières consignes de sécurité, en lui apprenant à savoir tomber et se relever. Il est très important d’ailleurs de lui faire comprendre (et aux parents aussi:)) à ce stade que « tomber » n’est pas dramatique, pas grave du tout et qu’au contraire cela fait partie de l’apprentissage ! Comme dans la vie !

LES VALEURS MENTALES QUE LE PATINAGE DEVELOPPE :

DEDRAMATISER LA CHUTE

S’ÔTER LA PEUR DE TOMBER


DECULPABILISER

NE PAS AVOIR PEUR DU RIDICULE

RESTER CONCENTRE(E)

Les adultes débutants aussi doivent au fur et à mesure apprendre à tomber sans dramatiser. Bien que certes, en commençant adulte, le cerveau n’est pas au même stade de développement ainsi que le corps, moins souple, plus raide, on a peur de se faire mal car on pense au travail, etc…en fonction de ses antécédents…Bref, on réfléchit trop étant adulte (je suis moi-même concernée et d’autant plus avec mon regard d’entraîneur).

 Mais le patinage peut aider aussi à ne plus penser ni trop réfléchir car il demande une grande concentration, ce qui nous fait « déconnecter » de l’environnement extérieur et de nos soucis personnels. Le froid aide davantage ! (voir mon article à ce sujet).

2) Renforcement de la souplesse et de la mobilité articulaire

   Faut-il être souple pour patiner ? Non pas forcément, en tout cas au début. Lisez ma réponse dans les FAQ. Ce qui est sûr c’est qu’en mobilisant tous les muscles du corps, le patinage aide à développer la souplesse dans une certaine mesure et en fonction de votre condition physique de base ainsi que de votre passé ou pratiques sportives/physiques précédentes. 

   Mais plus vous patinerez plus vous aurez envie de travailler votre souplesse. Car oui, on peut chacun améliorer notre souplesse peu importe d’où nous partons et où nous voulons aller. La souplesse se travaille au quotidien sans avoir à y passer des heures. Pour être efficace, mieux vaut l’entretenir un peu chaque jour quelques minutes plutôt que faire une heure ou deux heures de souplesse par-ci par-là. Régularité, constance et patience sont les clés de la réussite sur le long terme !

® Retrouvez ici des exercices que je propose pour entretenir votre souplesse et votre mobilité articulaire.

® Et si vous avez besoin de plus de conseils, demandez-moi ou laisser un commentaire !

3) Développe la coordination et le sens de l’équilibre

  En plus d’être un sport complet, le patinage développe la coordination et le sens de l’équilibre. La dissociation buste-bassin est un des piliers de la discipline. C’est-à-dire pour faire simple, si vos pieds et vos jambes agissent dans un sens, le haut du corps (buste/tronc, bras, …) agit dans un autre. Bien-sûr vous apprenez pas à pas le placement approprié pour effectuer tel mouvement technique. Au fur et à mesure de l’intégration corporelle de ces mouvements, de votre pratique, régularité, la technique acquise se transformera en réflexe musculaire et vous n’aurez plus à y penser. Le mouvement deviendra comme « naturel ». C’est à ce stage d’ailleurs que la pratique devient jouissive et que la qualité du patinage se remarque et se juge notamment lors des compétitions (cela fait partie du critère dit des « skating skills » qui sont évalués). 

 Pour les enfants, c’est un sport complet et bénéfique en ce sens, de même que pour l’apprentissage de l’équilibre. Car patiner et effectuer des mouvements sur une simple lame et sur un pied demande de l’agilité et de l’adresse qui viendra au fur et à mesure de la pratique.

4) Améliore la plasticité cérébrale et entretien la mémoire

Plusieurs études mettent en évidence que la danse fait travailler le cerveau et entretien la mémoire à long terme. Et ceci à tout âge. Il suffit pour cela de l’entretenir de manière régulière et répétée tout au long de notre vie. Parmi les chercheurs intéressés par la question, Lucie Vincent, neurobiologiste et auteur de « Faites danser votre cerveau« , explique que la danse participe au développement des connexions neuronales et de la matière grise dans la région du cortex moteur (gyrus précentral) qui dirige les mouvements. On parle aussi de neurogénèse, un phénomène qui se produit en particulier au niveau de l’hippocampe, structure cérébrale principalement impliquée dans la mémorisation (https://sante.journaldesfemmes.fr/fiches-anatomie-et-examens/2870741-hippocampe-cerveau-definition-schema/).

https://theconversation.com/de-la-marche-a-la-danse-comment-cerveau-et-corps-se-mettent-en-rythme-205796

Source:https://theconversation.com/de-la-marche-a-la-danse-comment-cerveau-et-corps-se-mettent-en-rythme-205796

Le patinage est avant tout une forme de danse qui fait travailler ainsi la concentration, la mémoire et améliore les capacités d’apprentissage.

Mais en plus de cela, le patinage artistique avec ses pirouettes hors du commun, dont la vitesse de rotation moyenne peut atteindre les 3 à 4 tours par seconde, développe chez le patineur une véritable adaptation neurologique qui se produit au niveau de l’oreille interne. La répétition dans le temps des rotations induites par les pirouettes favorise une certaine inhibition de la sensation de tournis et de vertiges que l’on peut ressentir si l’on n’est pas habitué à cela ou après une longue pause sans faire de pirouettes. Le cerveau apprend à gérer cela dans la zone de l’oreille interne appelée système vestibulaire (voir image). Ce dernier participe au maintien de l’équilibre conjointement avec les systèmes visuels et proprioceptif (sensations tactiles). Il permet de stabiliser la vision lors des mouvements induits par la tête et participe aussi à l’équilibre postural. L’information est ensuite transmise au cerveau qui agit comme chef d’orchestre pour assurer le maintien de l’équilibre en intégrant toutes les informations.(https://www.ooaq.qc.ca/media/c1ucjrhh/troubles-du-syst%C3%A8me-vestibulaire_vi.pdf).

Comme l’explique le Dr. Antonin Singer, « Le cerveau change physiquement sa manière de fonctionner pour s’adapter à la contrainte du sport. Il ne s’agit pas d’une résistance au vertige, mais d’une suppression active de la perception du vertige. » (« Un changement invisible dans le cerveau des patineurs qui les empêche de vomir », 9 janvier 2026, en ligne, consulté le 5 mai 2026 https://amphisciences.ouest-france.fr/2026/01/un-changement-invisible-dans-le-cerveau-des-patineurs-qui-les-empeche-de-vomir/)

Source: https://www.audiologielaval.com/systeme-vestibulaire/

Cette plasticité cérébrale dans le patinage va de pair avec une meilleure perception de l’espace et une meilleure prise de conscience de son corps dans celui-ci (https://www.doctissimo.fr/sante/maladies/maladies-neurologiques/fonctionnement-du-cerveau/jo-dhiver-2026-les-secrets-cerebraux-des-patineurs-pour-dompter-le-vertige-738114.htm. Les patinoires étant sans limite interne donnent ainsi cette sensation de liberté de pouvoir bouger son corps sans limite, mais induit de ce fait une meilleure perception de ses propres sensations corporelles. Encore faut-il en prendre conscience pour pouvoir avec le temps et la pratique être mieux à même de connaître et de corriger ses gestes.

II/ Des qualités mentales et esthétiques développées par la pratique du patinage

1) Instauration d’une discipline de vie et d’une force mentale

Par sa dureté et difficulté technique, le patinage artistique demande une grande rigueur au niveau personnelle et physique. C’est une discipline où l’on apprend à dépasser ses peurs, à se dépasser soi-même quel que soit l’objectif que nous voulons atteindre ou la compétence que nous voulons acquérir. C’est un sport qui demande beaucoup de régularité, de remise en question, de prise de risque. Par les sentiments « d’échecs » qu’il peut procurer ou ceux de ne pas avancer, par l’encaissement des chutes, il développe ainsi avec le temps des capacités de persévérance, de résilience et d’adaptation. C’est pour moi une belle école pour la vie. Comme elle, on doit apprendre à rebondir, se relever des chutes, tomber, recommencer, apprendre de ses erreurs…etc…Bien sûr tout le monde n’a pas ses capacités ou cette force mentale mais si on le veut on peut les développer. L’important c’est d’y croire, d’être courageux, tout en étant conscient de nos propres limites. Mais l’entraîneur est là justement pour faire en sorte que son élève aille le plus loin possible en sécurité, avec confiance et détermination, dans le respect de soi-même et des autres.

Le patinage en compétition nécessite d’avoir une discipline et une hygiène de vie conséquente pour être capable de gérer et sa vie personnelle, ses études et ses entraînements. Et il est important de maintenir cet équilibre de vie. La vie en dehors de la glace est tout aussi nécessaire sinon fondamentale à la performance sur glace. La clef réside en partie dans l’organisation. Pour cela, le patinage peut être un moyen pour l’élève d’apprendre à s’organiser.

2) Esthétisme, musicalité et théâtralité

Enfin, le patinage, en tant que danse du corps sur la glace, développe des qualités artistiques qui vont de pair avec le sens de la musicalité. Le patinage se pratique en musique et la notion de rythme est donc fondamentale. C’est d’ailleurs une composante évaluée lors des compétitions. L’expression théâtrale est tout aussi importante car c’est une discipline d’expression avant tout. Lorsque l’on danse ou patine, c’est le corps mais aussi l’esprit qui s’exprime, même de manière inconsciente. On peut répéter des mouvements appris et incorporés avec le temps par mimétisme ou notre passé de danseur. Quoi qu’il en soit, lors de galas de clubs ou dans les programmes de compétition, l’élève apprend à patiner en rythme, sur un thème et sur une histoire qu’il lui appartient de raconter avec sa personnalité. Le patinage apprend donc â devoir lâcher prise, ce qui n’est pas simple! Certains auront plus de facilités que d’autres. Le tout est de coupler l’apprentissage de la technique avec cette nécessité d’expression corporelle. C’est tout l’enjeu de ce sport qui le classe parmi les plus exigeants mais aussi les plus passionnants car on ne s’ennuie jamais et il y a toujours quelque chose à apprendre. malgré les années de pratique!

  • Et vous, qu’est-ce qui vous plaît dans la pratique du patinage artistique? Pourquoi et comment avez-vous choisi d’en faire ? 
  • Si vous n’avez pas encore essayé, dites-nous qu’est-ce qui vous rebute ou quels conseils aimeriez-vous avoir ?

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RESUME

CE QUE LE PATINAGE DEVELOPPE EN QUELQUES MOTS

FORCE

MUSCULATURE

SOUPLESSE

COORDINATION

ENDURANCE

RESISTANCE

PATIENCE

EQUILIBRE

MOBILITE ARTICULAIRE

ENERGIE

CONFIANCE

MUSICALITE

THEATRALITE

*

Sources:

« Le cerveau entre dans la danse », 28 avril 2020, en ligne

https://www.cerveauetpsycho.fr/sd/cognition/le-cerveau-entre-dans-la-danse-19330.php

« La danse (comme la musique) modifie le cerveau de ceux qui en font souvent », 9 septembre 2019, Science Presse https://www.sciencepresse.qc.ca/opinions/cerveau-niveaux/2019/09/09/danse-musique-modifie-cerveau-font-souvent

« Danse : comment le cerveau et le corps se mettent en rythme au son de la musique », 1er juin 

2023, The Conversation, en ligne,

https://www.20minutes.fr/sciences/4039010-20230601-danse-comment-cerveau-corps-mettent-rythme-musique

Hippocampe (cerveau) : définition, schéma

https://sante.journaldesfemmes.fr/fiches-anatomie-et-examens/2870741-hippocampe-cerveau-definition-schema

Dr. Antonin Singer, « Un changement invisible dans le cerveau des patineurs qui les empêche de vomir », 9 janvier 2026, en ligne, consulté le 5 mai 2026,

https://amphisciences.ouest-france.fr/2026/01/un-changement-invisible-dans-le-cerveau-des-patineurs-qui-les-empeche-de-vomir/

DAMM Loïc et BARDY Benoît, « De la marche à la danse, comment cerveau et corps se mettent en rythme », 23 mai 2023, en ligne, consulté le 4 mai 2026

https://doi.org/10.64628/AAK.wku3aqhay

https://theconversation.com/de-la-marche-a-la-danse-comment-cerveau-et-corps-se-mettent-en-rythme-205796

HETEAU Thomas,« Comment les patineurs artistiques font-ils pour ne pas avoir le tournis », 15 décembre 2025, L’Équipe, en ligne, consulté le 5 mai 2026

https://www.lequipe.fr/Respire/Va-savoir/Actualites/Comment-les-patineurs-artistiques-font-ils-pour-ne-pas-avoir-le-tournis/1616481

LANEN Marie, « JO d’hiver 2026 : les secrets cérébraux des patineurs pour dompter le vertige », 20 février 2026, en ligne

https://www.doctissimo.fr/sante/maladies/maladies-neurologiques/fonctionnement-du-cerveau/jo-dhiver-2026-les-secrets-cerebraux-des-patineurs-pour-dompter-le-vertige-738114.htm

Meng X, Li G, Jia Y, Liu Y, Shang B, Liu P, Bao X, Chen L. « Effects of dance intervention on global cognition, executive function and memory of older adults: a meta-analysis and systematic review », en ligne,

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/30982217

SENDER Elena, « La danse augmente le volume de l’hippocampe cérébral », Sciences et avenirs, 3 août 2017, en ligne, consulté le 4 mai 2026

https://www.sciencesetavenir.fr/sante/la-danse-contre-le-declin-cerebral_115970

Vidéo :

« Les vertus de la danse, par Lucy Vincent », ISSY TV, 22 avril 2020,  https://www.youtube.com/watch?v=sv2UVW2O2-E

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