Comment le patinage permet-il de réguler les émotions?

Une Terre devenue de plus en plus stressante

Temps de lecture moyen: 20 min.

Plan

I/ Les émotions en question : apprendre à les reconnaître et à les décrypter

II/ Qu’est-ce que la régulation émotionnelle ou comment apprendre à réguler les émotions ?

III/ Le patinage artistique comme outil de bien-être physique et mental. Une révolution dans les approches de régulation émotionnelle.

Aujourd’hui on décrypte la manière dont se construisent les émotions pour être mieux à même de les identifier et de contrôler leur impact sur notre santé mentale et physique.

Nous verrons comment le patinage artistique peut être un outil de régulation des émotions à portée de tous au service du bien-être physique et mental.

La régulation émotionnelle

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Mots-clefs 

  • Bien-être physique et mental
  • Émotion
  • Gestion émotionnelle
  • Régulation émotionnelle
  • Stress
  • Anxiété
  • Dépression
  • Burn-out
  • Patinage artistique
  • Danse

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INTRODUCTION

1) Un thème « à la mode » ?

  De nos jours, on dirait que le monde n’a jamais été autant en situation de stress qu’auparavant. Les enfants, dès leur plus jeune âge se sentent déjà « stressés », et nombre d’articles, de documentaires, ou d’informations parlant du stress et de comment y remédier envahissent notre quotidien, que ce soit à la télévision, sur Internet ou via les réseaux sociaux.

Le monde serait-il ainsi devenu fou à point? Ou est-ce notre mental ? Notre cerveau serait-il devenu plus réceptif à notre environnement? La Terre serait-elle devenue un endroit trop stressant pour y vivre sereinement? Ou est-ce notre façon de voir les choses qui influence notre bien-être? Et d’ailleurs qu’est-ce que le bien-être? Un état de sérénité permanent? De paix mentale? Et le bonheur dans tout ça? Nos émotions y seraient-elles pour quelque chose? Tant de questions qui méritent qu’on s’y attarde. Dans cet article, nous verrons en particulier ce que sont les émotions et comment faire pour aller mieux.

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2) Apprendre à reconnaître et accepter les émotions 

Car non, les émotions ne sont pas « mauvaises » en soi. Mais il est important d’apprendre à les reconnaître, à les nommer, à les accepter et de comprendre comment elles influencent nos pensées, notre corps et nos actions. Cette première étape est la clef vers un mieux-être intérieur. C’est là qu’intervient les processus de régulation émotionnelle. L’objectif étant de ne pas laisser les émotions nous submerger, en sachant les détecter à temps afin d’éviter les potentiels burn-outs ou autre problèmes psychiques affectant notre état de vie physique et émotionnel.

La « bonne » nouvelle est que justement la gestion émotionnelle n’est pas un don inné mais s’acquiert au fur et à mesure. C’est un apprentissage. Plus on se connaît et plus on peut anticiper les situations qui déclenchent chez nous des émotions nous impactant négativement.

3) Le développement des techniques en tout genre visant à canaliser les émotions et la place du patinage dans tout ça

Le thème ne s’arrête pas là. Au contraire, on pourrait passer des heures à recenser nombre d’activités, de professionnels, de méthodes ou autres techniques, produits, aliments vantant leurs bénéfices sur votre santé mentale. Comme si « aller bien », ou mieux était devenu une obsession chez tout le monde. Comme si l’industrie ne savait plus quoi inventer pour appâter les foules, comme si notre quotidien était devenu trop ennuyant pour s’inventer des problèmes inexistants mais causés par la création des besoins fictifs avec pour objectif de vous « délivrer » une fois pour toute de votre mal-être. Comme si la clef finale était le bonheur à tout prix… Mais malheureusement ou heureusement, le bonheur ne s’achète pas et il serait faux de croire qu’être heureux est un état permanent. Posez-vous un instant et réfléchissez un moment sur qu’est-ce qui vous rendrait heureux, pourquoi et que serait votre vie ainsi? La question ne serait-elle pas plutôt « que changeriez-vous aujourd’hui dans votre vie pour allez mieux?

Ces questions invitent à redonner du sens aux états émotionnels et à se les réapproprier. Mais le chemin peut être long pour celles et ceux qui ont appris à s’identifier aux autres par la comparaison. Agir ainsi, faire semblant en portant un masque parce que « c’est bien vu », « à la mode », parce que vous avez été éduqué(e) ainsi, parce qu’on vous a enseigné cela…Mais on ne pourra pas en vouloir à qui que ce soit, ni à nous même. Le but n’est pas de culpabiliser mais de se rendre compte qu’on est humain avant tout, élevé en société. Apprendre à décortiquer notre façon d’être et de vivre est une part non négligeable sinon indispensable à notre vie et notre état émotionnel intérieur. Apprendre à s’aimer et se connaître, tel est la clef et le chemin vers un bien-être permanent.

Nous verrons ainsi en quoi le patinage artistique en tant qu’activité sportive peut participer à l’amélioration de l’état émotionnel, en quoi il peut être un outil de régulation émotionnelle parmi d’autres et à portée de tous.

I/ Les émotions en question : apprendre à les reconnaître et à les décrypter 

Comprendre les émotions pour savoir les interpréter et connaître les effets sur notre corps et notre mental est un premier pas vers la régulation émotionnelle. Voyons dans un premier temps ce que sont les émotions et comment elle sont définies d’un point de vue scientifiques et des neurosciences.

1) Les émotions, définitions 

Une définition primaire et simple trouvée dans un dictionnaire décrit l’émotion comme un « trouble subit, une agitation passagère causés par un sentiment vif de peur, de surprise, de joie,…» Ou encore comme « réaction affective transitoire d’assez grande intensité, habituellement provoquée par une stimulation venue de l’environnement.»(https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/%C3%A9motion/28829)

On trouve dans cette définition le rapport entre la création de l’émotion et l’environnement extérieur. C’est en tout cas la théorie formulée par W.James (What is an emotion?, 1884). Selon lui, l’émotion est une réaction à un stimulus, « un état mental provoqué par un événement extérieur » (https://icar.cnrs.fr/membre/cplantin/emotion-situation/). Il distingue de ce fait trois composantes de l’émotion qui sont : une situation, un état mental, une manifestation/action ou attitude. Dans ce schéma, la situation agit comme un stimulus déclenchant mécaniquement une réponse, l’émotion. Or, une même situation peut provoquer des émotions et réactions différentes selon les individus. Dès lors on peut considérer que ce n’est pas la situation en tant que telle qui déclenche telle émotion mais bien la perception que chacun se fait de la situation. Les psychologues parlent de la composante d’évaluation cognitive de l’environnement (appraisal). (PLANTIN Christian, ICAR UMR 5191 :https://icar.cnrs.fr/membre/cplantin/2001-2/)

Partant de là, on peut définir plus précisément l’émotion comme une réaction psychophysiologique complexe à une situation ou, pour reprendre les termes du psychologue Klaus Scherer, « un ensemble de variations épisodiques qui se produisent dans différents composants de l’organisme, en réponse à un événement évalué comme pertinent par l’organisme. » (https://neuronup.com/fr/neurosciences/neuropsychologie-et-informations/la-regulation-emotionnelle-en-neuropsychologie/)

On distingue deux catégories d’émotion :

– Les émotions primaires, ou universelles selon le théoricien et psychologue Paul Ekman (1971) au nombre de 7 : la colère, la joie, la peur, le dégoût, la surprise, la tristesse et le mépris. Elles sont innées, se développent durant les premières années de vie et répondent aux stimuli environnants. (https://preventiondesdependances.org/gestion-des-emotions/#:~:text=Ces%207%20%C3%A9motions%20primaires%20sont,et%20r%C3%A9pondent%20aux%20stimuli%20environnants.) Elles se retrouvent chez tous les êtres humains peu importe leur culture et origine. Ces réactions sont spontanées à l’image du réflexe et sont comme des signaux qui nous aident à nous adapter aux situations que l’on vit. (https://www.ciusss-capitalenationale.gouv.qc.ca/sites/d8/files/docs/ProfSante/SanteMentale/PQPTM/DSMDI_fiche_emotions.pdf)

Les émotions en question

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– Les émotions secondaires : elles découlent des émotions primaires et se développent pendant l’enfance et l’adolescence du fait de la socialisation. Contrairement à la première catégorie, celles-ci sont apprises et découlent donc du contexte dans lequel l’individu a grandi et de ses interactions sociales. Elles sont donc très nombreuses. On peut citer par exemple la honte, l’amour, la culpabilité, l’extase, émerveillement, joie, soulagement, etc…

2) Processus et composantes de l’émotion

Le Professeur de psychologie des émotions et Directeur du Centre interfacultaire en sciences affectives à l’université de Genève, David Sander, explique que l’émotion est un « processus rapide focalisé sur un événement et constitué de 2 étapes » (https://www.youtube.com/watch?v=tWAYayGD51I) :

1) le mécanisme de déclenchement qui est basé sur la pertinence dans l’évaluation de l’événement, 

2) la réponse multiple, la réaction autonome, l’expression motrice, la tendance à l’action et le ressenti 

Dans cette description, cinq composantes de l’émotion sont à distinguer:

  1. Le déclenchement de l’émotion : il s’agit de la perception et de l’évaluation par l’individu d’une situation. Comment chacun évalue la pertinence de l’événement en question en rapport avec ses objectifs et valeurs. Par exemple, si l’événement va contre nos objectifs nous allons ressentir une émotion désagréable. Dans le cas contraire nous ressentirons une émotion agréable. L’émotion a donc un objet déclencheur.
  2. La composante périphérique : elle correspond à certaines manifestations corporelles qui se déroulent au sein de notre système nerveux périphérique.
  3. La composante d’expression motrices : nous exprimons l’émotion au niveau moteur en particulier sur notre visage dans notre voix par des gestes ou par notre posture.
  4. La tendance à l’action : c’est la façon dont nous répondons face à l’émotion. Une des propriétés importantes de l’émotion étant de nous préparer à agir dans notre environnement par exemple en nous approchant ou en nous éloignant de l’objet déclencheur.
  5.  Le ressenti : cette composante évoque la prise de conscience de notre émotion.

Et c’est à partir de cette dernière composante qu’intervient la régulation émotionnelle.

II/ Qu’est-ce que la régulation émotionnelle ou comment apprendre à réguler les émotions ?

Apprendre à réguler ses émotions est une chose, savoir la définir en est une autre. Voyons dans cette partie comment on peut la définir avant de s’intéresser à la manière ou stratégies que l’on peut mettre en place pour apprendre à utiliser la régulation émotionnelle et voir ce qu’elle implique concrètement au niveau individuel.

La régulation émotionnelle.

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1) Définition de la régulation émotionnelle

La régulation émotionnelle est définie par le psychologue américain James Gross (1998) comme « le processus par lequel les individus influencent quelles émotions ils ont, quand ils les ont, et comment ils ressentent et expriment ces émotions ». (https://shs.cairn.info/traite-de-psychologie-des-emotions–9782100705344-page-270?lang=fr). L’individu est donc acteur et peut agir sur la manière dont leurs émotions impactent leut état physique et mental. Mais cette capacité ne se réduit pas à la volonté de l’individu. Prendre conscience de l’impact des émotions ne suffit pas à les réguler. Au contraire, il faut apprendre ou réapprendre à notre cerveau à moduler l’intensité de la réponse nerveuse créée par les émotions et qui engendre tels effets sur notre bien-être mental et corporel. Vouloir modifier cette réponse est déjà en soi une première étape indispensable dans le processus de régulation émotionnelle.

C’est pourquoi on considère la régulation émotionnelle comme un ensemble de stratégies psychologiques permettant de mieux gérer ses émotions. Ou encore la « capacité du système corps-cerveau à moduler l’intensité, la durée et l’expression d’une émotion en fonction du contexte ».(https://www.institut.neurosens.fr/regulation-emotionnelle.html#:~:text=La%20r%C3%A9gulation%20%C3%A9motionnelle%20d%C3%A9signe%20en,concerne%20pas%20uniquement%20la%20pens%C3%A9e.).

Car on ne peut isoler l’impact de l’émotion sur nos pensées de celui sur notre corps. C’est pourquoi elle est a priori difficilement contrôlable. L’émotion « engage le système nerveux autonome, les rythmes cérébraux, la respiration, le tonus postural et les rythmes veille-sommeil.» Il s’agit comme nous l’avons vu dans la première partie, d’une activation physiologique coordonnée (accélération ou ralentissement du rythme cardiaque, modification du ryhtme respiratoire, variation du tonus musculaire, activation de réseaux cérébraux spécifiques). Et comme nous l’avons également précisé, l’émotion n’est pas un problème psychologique à corriger, mais au contraire une oscillation physiologique à stabiliser. Et la régulation émotionnelle est justement là pour stabiliser ces oscillations. (idem).

La ou les réponse(s) que chaque individu pourra donner pour mettre en place les stratégies de régulation émotionnelle dépendra d’une part, de la manière dont il a appris à gérer les émotions, notamment du fait de son contexte familial et social (socialisation), d’autre part de son fonctionnement neurophysiologique.

C’est notamment ce qu’explique le psychologue américain et professeur de psychiatrie, Stephen Porges, dans sa Théorie Polyvagale adoptée aujourd’hui par de nombreux psychothérapeutes. Pour lui, le système nerveux autonome joue un rôle crucial dans la régulation émotionnelle. Le cœur de cette théorie donne une place importante au nerf vague dans son rôle de régulateur émotionnel mais aussi dans nos interactions avec autrui. Ainsi, si le nerf vague est dérégulé, par exemple face à un traumatisme ou événement « stressant », ou tout du moins interprété comme tel par l’individu, il ne jouera pas son rôle de régulateur, de retour au calme. Vous pouvez voir cette vidéo pour en savoir plus à ce sujet : « Système nerveux et psychothérapie du trauma » : un échange avec Stephen Porges », Quantum Way, 30 janvier 2025 : https://www.youtube.com/watch?v=cZB1XYMFmI4)

Source : FIELDS Douglas, « Reconnecter le corps et l’esprit grâce au nerf vague », Cerveau & Psycho, n°170, 16 octobre 2024, en ligne : https://www.cerveauetpsycho.fr/sd/neurologie/reconnecter-le-corps-et-l-esprit-grace-au-nerf-vague-26902.php

2) Les stratégies de régulation émotionnelle

Les stratégies de régulation émotionnelle font l’objet d’un apprentissage, car comme nous l’avons expliqué plus haut, le contrôle de nos émotions n’est pas inné. Et cet apprentissage passe par plusieurs étapes que sont l’identification, l’acceptation puis la régulation en tant que telle.

L’identification est la phase de nomination des émotions ressenties. Ce qui implique d’être ouvert et à l’écoute de nous-même.

L’acceptation est l’acquisition corporelle et conscience des émotions, le contraire étant le refoulement. Laisser l’émotion nous traverser et accepter notre état physique et mental sans jugement. Cette phase n’est pas évidente et demande à lâcher prise sur ce que nous vivons et ressentons. Souvent, la confrontation avec une autre personne nous incite spontanément à être plutôt qu’à retenir. Cette phase est déjà guérisseuse en soi, à rapprocher de la catharsis des tragédies grecques (du grec ancien « kátharsis », « purification, séparation du bon avec le mauvais »).

– Enfin la phase de la régulation émotionnelle correspondant à la capacité de modulation ou modification de l’expression émotionnelle et des situations qui y sont liées pour améliorer notre état physique et mental, et donc notre bien-être global.

Comprendre les origines et déclencheurs de nos émotions fait partie de cette stratégie d’auto-régulation. Cela nous permet, en ayant un regard objectif sur nous-même, de « repérer les schémas récurrents dans notre vie et d’identifier les croyances limitantes pouvant amplifier certaines réactions.» (https://www.qare.fr/sante/gerer-ses-emotions).

Bien sûr cela demande du temps et une certaine maturité et connaissance de nous-même, mais dès qu’on a conscience que nous pouvons changer soi-même notre état en apprenant, alors on peut dès lors se sentir capable et soulagé de le savoir. Arriver à détacher l’émotion de soi, en examinant les causes extérieures, qu’elles soient environnementales, sociales ou autres, est important à comprendre. Car cela nous permet de nous déculpabiliser de nos ressentis.

Ainsi, outre l’acceptation, une autre méthode consiste à changer notre perspective sur une idée, autrement dit le curseur de focalisation, avant même de vivre l’émotion négative qui lui est associée. Elle vise à voir le bon côté de la situation 🙂 (idem)

Les quatre types de régulation émotionnelle les plus étudiées sont l’atténuation des émotions désagréables, le maintien ou l’augmentation des émotions agréables, et l’amplification des émotions plaisantes (Mikolajczak & Desseilles, 2012) (https://neuronup.com/fr/neurosciences/neuropsychologie-et-informations/la-regulation-emotionnelle-en-neuropsychologie/).

Le modèle de Gross (1998) est intéressant à considérer car il distingue deux types de régulation émotionnelle : l’une centrée sur les antécédents, l’autre sur les réponses émotionnelles (https://psychologiescientifique.org/wp-content/uploads/2018/02/Krauth-Gruber-2009-La-r%C3%A9gulation-des-%C3%A9motions.pdf).

La première consiste à agir sur l’émotion avant même que celle-ci ne se déclenche. Et pour ce faire, l’individu peut adopter une stratégie dite préventive en modifiant les éléments d’une situation ou contexte susceptible de créer cette émotion. Il peut aussi apprendre à identifier les événements ou situations qui lui causent des problèmes ou du stress et choisir en conséquence de ne pas les subir ou de changer une donne ou paramètre du contexte pour mieux l’appréhender. Je peux par exemple choisir de ne pas prendre les transports publics car le monde et le bruit m’insupportent, ou je peux mettre des écouteurs et écouter des musiques relaxantes pour surpasser cette gêne. En fonction du degré de tolérance, la personne peut plus ou moins adapter sa position. Elle peut aussi modifier le sens émotionnel attaché à la situation en question. en réorientant son attention vers les éléments non-émotionnels de la situation (idem).

La seconde centrée sur les réponses émotionnelles intervient plus tard dans le processus émotionnel, une fois que l’individu a conféré une signification émotionnelle à la situation. Cette stratégie « vise à modifier les réponses émotionnelles spécifiques qui se situent au niveau du ressenti, physiologique ou expressif .» Soit l’individu peut concentrer son attention sur les pensées accompagnant leurs émotions (rumination mentale), soit au contraire essayer de supprimer ces pensées.(idem).

Quoi qu’il en soit, la meilleure stratégie n’existe pas. Il appartient à chaque individu de tester la méthode qui lui convient le mieux pour réguler ses émotions. Et nous allons voir en quoi le patinage artistique peut être l’un de ses moyens.

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III/ Le patinage artistique comme outil de bien-être physique et mental. Une révolution dans les approches de régulation émotionnelle.

Le patinage artistique, en tant que sport complet, mêle à la fois les bénéfices sur le corps et l’esprit de la pratique physique mais aussi ceux procurés par le fait de danser. Car le patinage est avant tout une forme de danse. Pratiqué dans un environnement froid du fait de la glace, le patinage a aussi l’avantage de procurer des bienfaits grâce à cet élément. Ce qui en fait une activité excellente pour la santé mentale et physique, dont fait partie la régulation émotionnelle.

1) Sport et cerveau : quand les deux font la paire!

Le sport est un excellent moyen d’évacuer le stress et de se recentrer. Dans une société où le corps est de plus en plus détaché de l’esprit, où les professions et l’école favorisent soit l’un soit l’autre, le mouvement par l’activité physique est devenu essentiel pour espérer aller mieux et garder les pieds sur Terre! Et l’explication est physiologique et neuronale.

Des études récentes ont démontré les bienfaits de l’activité physique sur notre santé mentale et les états dépressifs dont les maladies neurodégénératives comme Parkinson. Et pour cause, lors d’un effort physique, les muscles vont produire des molécules appelées myokines (de myo qui signifie « muscle » en grec; Bente Klarlund Pedersen, scientifique danoise, 2003) qui ont pour certaines d’entre elles la capacité d’agir sur le cerveau. A ce jour, plus de 600 myokines ont été identifiées. Dans le cerveau, leur libération par les muscles favorise la croissance des cellules nerveuses et renforcent les connexions neuronales dans certaines zones (https://www.cerveauetpsycho.fr/sd/neurobiologie/pourquoi-les-muscles-font-du-bien-au-cerveau-28870.php). Ce qui est fascinant c’est le rôle qu’elles ont relatives à la neurotoxine kyunérine qui se forme principalement en cas de stress chronique. Les myokines ont en effet la capacité de transformer cette substance en acide kynurénique qui devient alors trop grosse pour traverser la barrière de protection vasculaire qui entoure le cerveau. Elle ne peut donc plus causer de dommages. C’est pourquoi la production de myokines par les muscles grâce au sport peut avoir un effet positif sur l’humeur! (idem)

Mais il y a une condition d’entraînement à cela! Frank-Gerarld Pajonk, psychiatre allemand, a démontré avec ses collègues que l’entraînement d’endurance peut avoir des effets positifs s’il est pratiqué au moins trois fois par semaine et pendant trente minutes. L’idée est de ne pas rester trop longtemps dans la zone anaérobie, de ne pas non plus se dépenser complètement et en permanence, sans quoi la production de myokines diminue à nouveau!(idem) Le corps est ainsi bien fait! Tout est une question d’équilibre.

D’autres substances produites dans le corps agissent également lorsque l’on pratique un sport. Il s’agit des neurotransmetteurs libérés grâce à une meilleure oxygénation du cerveau induite par la dépense physique. notamment des sports d’endurance. Ces substances sont la dopamine, la sérotonine et les endorphines, toutes responsables de la sensation de bien-être, de joie et d’euphorie que l’on ressent après une bonne séance de sport. Ces neurotransmetteurs ont également des effets sur la concentration, l’attention et la gestion du stress.(https://institutducerveau.org/comprendre-en-2-minutes/limpact-sport-sur-cerveau?gad_source=1&gad_campaignid=22514007297&gbraid=0AAAAADvb-0s6SEXuMRdHgU47dbf2F4b3J&gclid=Cj0KCQjw_b_QBhCSARIsAP6hR4e55uF1tEIit38hNX1Bm8hYvKjRiffukj4bYV067AJ0nHFJZjVx9q8aAtz_EALw_wcB).

Le sport a tout pour plaire car en plus de favoriser une santé mentale équilibrée, il contribue à l’entretien, la performance et l’amélioration des fonctions cognitives comme la mémoire, la création de nouveaux neurones et connexions neurones (lutte contre le déclin cognitif), la réactivité, la créativité,…Il ne vous reste plus qu’à trouver l’activité physique qui vous convient. Mais le plus important est qu’elle doit rester un plaisir avant tout. Et pas besoin de vous tuer à la salle pendant 2h un jour puis de ne plus rien faire ensuite. Mieux vaut un exercice court mais régulier que forcé et épuisant sur une courte période uniquement.

2) Eh bien ! Patinez maintenant…

Nous arrivons au cœur du sujet qui est de considérer le patinage artistique comme un outil efficace sur la santé mentale et donc la régulation des émotions. Si vous ne l’avez pas encore lu, je vous invite à lire mon article sur les bienfaits du froid et de la glace sur le corps et l’esprit. J’explique en particulier en quoi le contact avec cet élément qu’est la glace, agit sur notre système nerveux en permettant de calmer notre mental et même de ressentir de la joie. Là encore les hormones jouent un rôle très important!

Un autre aspect de la pratique va de pair avec les effets procurés sur le corps et le mental de la danse. Car oui, le patinage artistique, outre ses composantes athlétiques qui en fait un sport d’endurance, est aussi et avant tout de la danse

Or les bienfaits de la danse sont nombreux et plus connus que pour le patinage. Pourtant ils s’agit de disciplines similaires qui se ressemblent sur de nombreux points. Et en particulier dans leurs effets sur le cerveau. Danser fait partie de l’être humain quelles que soient les époques, c’est une caractéristique instinctive présente même si elle ne s’exprime pas spontanément. A la différence des autres sports, la danse est mouvements et rythmes que le corps et le cerveau humain ont à l’intérieur d’eux de manière « innée ». (https://www.umontpellier.fr/articles/musique-danse-comment-cerveau-et-corps-se-mettent-en-rythme). Les neurosciences révèlent ce lien étroit entre danse et cerveau en soulignant l’effet qu’elle procure sur le bien-être psychologique. Notamment par la libération de différentes substance comme l’ocytocine, une hormone de l’attachement, et la dopamine, molécule de la récompense et du plaisir. De même que pour les activités physiques ou l’exposition au froid, on observe une diminution de la sécrétion des hormones du stress comme le cortisol.(https://www.cerveauetpsycho.fr/sd/cognition/le-cerveau-entre-dans-la-danse-19330.php).

Mais la danse comme le patinage a cette faculté de « nous occuper mentalement« , en réfléchissant par exemple à l’enchaînement des pas, ce qui permet entre autres de lâcher prise sur nos préoccupations personnelles. C’est un avantage non négligeable car ces pratiques nous font « rentrer dans une bulle« , d’autant plus ressentie dans le cadre d’une patinoire qu’elle soit intérieure ou extérieure. Le fait de devoir gérer plusieurs paramètres nous incite à rester concentré et à ne plus penser au reste. Ainsi, de nombreux processus cognitifs sont stimulés simultanément et nous protègent ainsi du risque de démence et de maladies cardiovasculaires.

La musique joue aussi dans ces disciplines un rôle significatif sur le cerveau et les émotions grâce à la production de l’hormone prolactine qui a l’effet de procurer une sensation de confort et de sécurité (idem). Comme le souligne Christensen Julia, Docteur en psychologie et neuroscientifique allemande, « le rythme en lui-même insuffle une part de bonheur. Le cerveau aime la régularité, une forme de contrôle et de sécurité que nous n’avons pas forcément toujours dans notre vie quotidienne.» (idem)

Enfin, le patinage comme la danse, permet, au contact des autres, de réguler les émotions grâce au développement des liens sociaux, amicaux, non négligeables pour la santé mentale. Se retrouver entre soi, entre pairs, rien de mieux que de se sentir rassuré, en sécurité, dans notre bulle de confort, d’autant plus lorsqu’il s’agit du partage d’une passion commune. L’euphorie de groupe se ressent aussi au niveau individuel car la joie comme toute autre émotion se transmet même indirectement, juste par le ressenti, des sourires, regards et l’ambiance environnante.

La régulation émotionnelle dans le patinage artistique

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EN CONCLUSION

Nous avons vu dans cet article ce qu’est une émotion, comment elle se manifeste corporellement et psychologiquement et comment, en tant qu’individu, nous pouvons agir sur elle ou les situations qui la provoque. L’identifier, comprendre ses causes et fonctionnements et l’accepter sont les premières étapes majeures vers la régulation émotionnelle et donc un meilleur bien-être mental et physique. Car le corps et l’esprit ne font qu’un. Et il serait faux de croire le contraire! En témoigne les études mettant en lumière les liens entre sport, activité physique et cerveau. Agir sur l’un modifie le comportement de l’autre même indirectement sans en prendre conscience. Mais le savoir est une piste fondamentale pour connaître les clefs de notre mieux-être. Le patinage, à l’image de la danse, à ces capacités de rendre plus heureux et libre celui ou celle qui veut bien s’y essayer. Glace, froid, endurance, coordination, équilibre, joie de glisser, aucun sport ne procure de sensations semblables que l’on peut ressentir en mettant un pied, puis deux sur la glace! Alors lancez-vous et voyez par vous-même les effets sur votre mental. Vous deviendrez accro ! 🙂

Par une patineuse et entraîneur passionnée,

Noëlla

Pour l’amour de la glisse…

© 2026 [Noëlla RICHARD]. Tous droits réservés.
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Sources :

« Émotion », Dictionnaire Larousse, en ligne

https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/%C3%A9motion/28829

« Émotion », Gestions des Émotions, 

https://preventiondesdependances.org/gestion-des-emotions/#:~:text=Ces%207%20%C3%A9motions%20primaires%20sont,et%20r%C3%A9pondent%20aux%20stimuli%20environnants

« Régulation émotionnelle : connaître les stratégies et techniques à appliquer », Institut Neurosens, 

https://www.institut.neurosens.fr/regulation-emotionnelle.html#:~:text=La%20r%C3%A9gulation%20%C3%A9motionnelle%20d%C3%A9signe%20en,concerne%20pas%20uniquement%20la%20pens%C3%A9e.

CHRISTENSEN Julia, « Le cerveau entre en danse », Cerveau & Psycho, n°122, juin 2020, en ligne, https://www.cerveauetpsycho.fr/sd/cognition/le-cerveau-entre-dans-la-danse-19330.php

CHRISTOPHE André,« Réguler ses émotions », Cerveau & Psycho, mars 2023

https://medias.cerveauetpsycho.fr/api/v1/files/63d7d2372877841c27564438?alt=file

Dr. Fanny Jacq, « Gérer ses émotions : le guide complet pour vivre plus sereinement », Qare,  https://www.qare.fr/sante/gerer-ses-emotions/

Dr. Marc Pistorio – Psychologue, Docteur en psychologie clinique. 

https://drpistoriopsy.com

EDSON Elias Alaka Robles, « La régulation émotionnelle du point de vue de la neuropsychologie », 29 juillet 2025, 

https://neuronup.com/fr/neurosciences/neuropsychologie-et-informations/la-regulation-emotionnelle-en-neuropsychologie

FIELDS Douglas, « Reconnecter le corps et l’esprit grâce au nerf vague », Cerveau & Psycho, n°170, 16 octobre 2024, https://www.cerveauetpsycho.fr/sd/neurologie/reconnecter-le-corps-et-l-esprit-grace-au-nerf-vague-26902.php

JABR Ferris, « le sport contre la dépression », cerveau & Psycho, N°86, 17 février 2017, en ligne, https://www.cerveauetpsycho.fr/sd/therapie/le-sport-contre-la-depression-9508.php

KORB Sebastian, Traité de psychologie des émotions, chap. 8. La régulation des émotions, 2014 https://shs.cairn.info/traite-de-psychologie-des-emotions–9782100705344-page-270?lang=fr

KRAUTH-GRUBER Silvia, La régulation des émotions, Revue électronique de Psychologie Sociale, 2009, No.4, en lignehttps://psychologiescientifique.org/wp-content/uploads/2018/02/Krauth-Gruber-2009-La-r%C3%A9gulation-des-%C3%A9motions.pdf

LUERWEG Kranck, « Quand le muscle fait du bien au cerveau », Cerveau & Psycho, n°186, avril 2026, en lignehttps://www.cerveauetpsycho.fr/sd/neurobiologie/pourquoi-les-muscles-font-du-bien-au-cerveau-28870.php

PAVANI Jean-Baptiste et GUILLER Théo, La régulation émotionnelle. 10 fiches pour comprendre, 2024, 126 p. https://shs.cairn.info/la-regulation-emotionnelle–9782848358888?lang=fr)

PLANTIN Christian, ICAR UMR 5191 :https://icar.cnrs.fr/membre/cplantin/2001-2/)

VEZINA Patrick, « Les émotions : les reconnaître et mieux les gérer », Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Capitale-Nationale, Direction des

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https://www.ciusss-capitalenationale.gouv.qc.ca/sites/d8/files/docs/ProfSante/SanteMentale/PQPTM/DSMDI_fiche_emotions.pdf

« Qu’est-ce que la sérotonine ? » Institut du Cerveau, https://institutducerveau.org/lexique/serotonine

« Dopamine », Institut du Cerveau, https://institutducerveau.org/lexique/dopamine

«  Endorphine », Institut du Cerveau, https://institutducerveau.org/lexique/endorphine

« Neurotransmetteur », Institut du Cerveau, https://institutducerveau.org/lexique/neurotransmetteur

« Musique, danse…comment cerveau et corps se mettent en rythme », The Conversation, 23 mai 2023, https://www.umontpellier.fr/articles/musique-danse-comment-cerveau-et-corps-se-mettent-en-rythme

Vidéos 

« 4 stratégies pour une meilleure régulation émotionnelle », Dr. Marc Pistorio – Psychologue, Auteur, 9 août 2024, https://www.youtube.com/watch?v=h4v9N7HZAMM

« Système nerveux et psychothérapie du trauma » : un échange avec Stephen Porges », Quantum Way, 30 janvier 2025 .https://www.youtube.com/watch?v=cZB1XYMFmI4

« Qu’est-ce qu’une émotion ? », Swiss Center for Affective Sciences, 14 avril 2021. https://www.youtube.com/watch?v=tWAYayGD51I

Une réponse à « Comment le patinage permet-il de réguler les émotions? »

  1. Avatar de Cindy

    On ressent à quel point le mouvement, le corps et l’expression artistique peuvent devenir une vraie forme d’art thérapie pour traverser le stress et retrouver un équilibre intérieur. Sur mon Blog Globetherapie, je met en avant cette idée que l’art aide à transformer les émotions en quelque chose de plus lumineux 😊 Merci pour ce partage Noëlla !

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