« Le patinage comme thérapie de l’âme ?»

INTRODUCTION

  • Pourquoi ce sujet ? 

Le patinage m’a aidé à guérir et me guérit chaque moment où j’ai les pieds sur la glace. Pourquoi ? Comme une thérapie il aère mon cerveau et mon corps tout entier. Je me sens libre de bouger sans douleur sans pensées. Concentrée comme jamais je ne le suis ailleurs. Cette sensation de bien-être profond et de plénitude. Un tout qui m’enveloppe dans une atmosphère unique, froide. Comme une bulle qui me protège et me fait me sentir en sécurité quoi qu’il arrive. 

Et vous, avez-vous déjà ressenti ou ressentez-vous cette atmosphère si particulière que l’on ne retrouve nulle part ailleurs ni dans aucun autre sport ? 

 Je partagerai ici mes pensées et ma vision du patinage qui est pour moi une thérapie en tant que telle car il m’a aidé et m’aide encore aujourd’hui à être celle que je suis. J’ai beaucoup appris grâce au patinage. Sur moi-même, sur la vie et ses difficultés. Car le patinage c’est comme la vie. Tu avances, tu t’arrêtes, tu chutes parfois et tu tombes. Mais tu apprends à te relever, à aller de l’avant, à te battre, à recommencer encore et encore jusqu’à réussir à tenir debout quoi qu’il arrive. Le patinage forge le caractère, le renforce et développe un tas de compétences tant physiques que morales mais pas que. Il est une discipline en soi. Il m’a permis de comprendre que le lâcher-prise permet d’avancer plus librement et sans effort. Sans avoir à se battre contre mais suivre le chemin pour aller mieux. 

Le patinage comme thérapie. C’est en tout cas ma vision de ce sport, qui est bien plus qu’une activité physique, qu’elle soit à visée récréative ou compétitive. 

  • Comment le patinage m’a aidé personnellement

 Le patinage m’a aidé à guérir et me guérit à chaque fois que je mets les pieds sur la glace. Pourquoi ? Parce qu’il me dépasse. A travers sa pratique je SUIS tout simplement et je ne me pose pas ou plus de questions. Je patine. Je vis dans l’instant présent, avec moi-même sans m’en rendre compte. Le patinage est pour moi une façon de guérir mon âme et je vous expliquerais ensuite pourquoi tout d’un coup ça a fait sens en moi. 

  • Les valeurs qu’il m’a enseignées

Le patinage enseigne des valeurs fortes qui restent ancrées sur le long terme surtout lorsqu’il est enseigné jeune. Comme tout sport il transmet la discipline, le savoir-être, la patience, la persévérance, le courage et la résilience. Il renforce aussi la confiance en soi et apprend à surmonter ses peurs, à devoir s’adapter quoi qu’il arrive. On en sort plus fort à chaque réussite ou petits pas de plus. Mais il doit rester avant tout un sport « passion » pour ne pas tomber dans les extrêmes, car dans ces cas-là, ces valeurs perdent tout leur sens et le patinage, au lieu de « guérir » et instaurer des valeurs positives, devient alors un nid anxiogène créateur de mal-être personnel. Tout est une question d’équilibre et de juste mesure. Pour que le patinage reste un plaisir et une passion, il ne doit pas être pratiqué à l’extrême au point de devoir s’oublier soi-même et entrer dans les dérives addictives voulues ou non. Ainsi pour moi qui ai toujours patiné pour le plaisir avant tout, le patinage reste une discipline qui peut être thérapeutique pour certains qui comme moi, en ressentent davantage les bienfaits que les inconvénients. 

Je présenterais donc ici la manière dont le patinage peut être conçu comme « thérapie » bienfaitrice, à la fois pour les personnes qui s’adonnent à ce sport de manière raisonnable dont le seul but est de se faire plaisir et qui le considèrent avant tout comme une passion, et pour les personnes qui rechercheraient une forme de « thérapie » pour régler ou tout du moins apaiser certains maux que la médecine conventionnelle ou d’autres formes de thérapie n’arriveraient pas pour elles à réparer. 

Voyons donc tout d’abord ce qu’on entend par « thérapie », avant de passer aux bienfaits du patinage sur le corps et l’esprit et voir ensuite les différentes formes que le patinage peut prendre pour guérir des blessures physiques et émotionnelles.


PLAN

I/ Qu’entend-t-on par « thérapie » ?

II/ Le patinage comme thérapie de guérison et de bien-être : traiter les maux par le mouvement dans un environnement glacé


Mots-clefs :

  • Patinage
  • Thérapie
  • Bienfaits sur le corps et le mental
  • Glace
  • Guérison
  • Pratique thérapeutique
  • Art-thérapie
  • Musicothérapie
  • Danse-thérapie
  • Lâcher-prise
  • Bien-être


I/ Qu’entend-t-on par « thérapie » ?

Introduction

Terme à la mode, le mot « thérapie » fait partie aujourd’hui intégrante de notre quotidien. Que ce soit dans les médias, les réseaux sociaux, les journaux ou bien nous-même, les thérapies en tout genre vont bon train. Mais qu’en est-il vraiment de la « thérapie » au sens fondamentale du terme ? Est-ce un mot vide de sens, utilisé pour masquer des méthodes aux résultats incertains ? Ou au contraire est-ce une forme particulière de « médecine » efficace pour traiter des troubles là où la science trouve ses limites ? Et qu’en est-il pour le patinage ? Peut-on le concevoir aussi comme une manière de guérir certains troubles physiques et/ou mentaux ? Si le patinage comme tout sport libère des hormones dites du « bonheur », cela suffit-il à lui-même pour le considérer comme pratique thérapeutique ? Outre ses aspects récréatif et compétitif, creusons un peu plus en profondeur pour voir comment il peut en effet répondre à cette définition thérapeutique.

  • Un peu d’étymologie pour commencer…

« Thérapie »: une origine grecque

Le mot « thérapie » provient du grec ancien, therapeia qui signifie « soin, cure, traitement », lui-même dérivé du verbe therapeuô signifiant « servir », « prendre soin ou traiter ». A l’origine, il désignait le soin rendu aux malades mais aussi le culte voué aux dieux. D’ailleurs le therápôn désignait le « serviteur »

Les Grecs anciens croyaient en effet en l’interdépendance entre le corps, l’esprit et l’âme. Leur conception de la médecine et de la guérison était holistique dans le sens ou pour eux tout était lié. Les dieux étazient considérés comme faisant partie des pratiques thérapeutiques. Par exemple Apollon avait le pouvoir de guérir et de faire disparaître le mal et la maladie (apotropaios), qu’elle soit physique et/ou mentale. Il était médecin et connaissait les rites de purification (katharsios). C’était lui que l’on invoquait par exemple pour combattre la peste*. Parfois, le terme « therapeia » était employé pour décrire les activités menées dans les temples où les fidèles cherchaient la guérison par la prière, les offrandes et les rituels. (https://platosacademy.org/stoicism-as-therapeia-%CE%B8%CE%B5%CF%81%CE%B1%CF%80%CE%B5%CE%AF%CE%B1/#:~:text=The%20Greek%20word%20%E2%80%9Ctherapeia%E2%80%9D%20(,all%20aspects%20of%20holistic%20healing.)

*COMTE Fernand, Les grandes figures des mythologies, Le Grand Livre du Mois, éditions Larousse-Bordas, Paris, juin 1999

Buste d’Apollon – IIe s. ap.J-C.. Marbre. 70 x 65 x 33. Maison de Pilate, Séville. https://fundacionmedinaceli.org/fr/fa_collection/apollon/

  • De l’origine grecque à la conception moderne du terme

   Les Grecs envisageaient donc la « thérapie » comme une médecine globale en tant que telle, dans le sens où elle soignait le corps et l’esprit en son entier. A l’inverse d’aujourd’hui où le mot signifie principalement et en particulier le traitement de maladie d’ordre psychologique, mentale. Si en médecine conventionnelle, le mot désigne le « traitement d’une maladie par des procédés de nature diverse » (https://www.dictionnaire-academie.fr/article/A9T1012), le terme s’est étendue à des pratiques non médicales, comme l’art-thérapie, la musicothérapie ou les thérapies corporelles, où l’expression créative ou physique devient support de mieux-être.(https://www.futura-sciences.com/sante/definitions/medecine-therapie-2856/)

Mais l’objectif reste le même, que ce soit en médecine traditionnelle ou dans les pratiques non médicales : résoudre les problèmes de la personne, améliorer sa qualité de vie et réduire ses sources de stress à l’origine de ses maux. Car la thérapie vise souvent à cela : guérir et prévenir les maladies causées en grande partie par les conséquences dues au stress et au mode de vie actuel de plus en plus « anxiogène » par les multiples sources qui augmentent et peuplent notre quotidien.

Pour aller plus loin

Amiri, Bassir, et al., editors. Soignés et guéris par les dieux. Presses universitaires de Franche-Comté, 2025, https://doi.org/10.4000/13k8z

https://books.openedition.org/pufc/73877?lang=en

BOURQUIN Jimmy, « Quand la médecine reposait sur « la théorie des humeurs » du médecin antique Hippocrate, 24 février 2021, France Inter

https://www.radiofrance.fr/franceinter/quand-la-medecine-reposait-sur-la-theorie-des-humeurs-du-medecin-antique-hippocrate-8289260

CARTWRIGHT Mark, Ancient Greek Medecine,  11 avril 2018, World History Encyclopedia

https://www.worldhistory.org/Greek_Medicine

II/ Le patinage comme thérapie : traiter les maux par le mouvement dans un environnement glacé

Le patinage peut ainsi en soi être considéré, au même titre que « l’art-thérapie », ou que la « danse-thérapie » comme une pratique aux vertus thérapeutiques dans le sens où il peut être une méthode pour se libérer émotionnellement et mentalement de certains troubles anxieux (d’une part par le fait d’être une pratique au froid et sur de la glace, d’autre part par le fait d’être de la danse). L’objectif est en effet de traiter les maladies par une approche globale de la personne et des origines de ses symptômes. Le corps enregistre physiquement et physiologiquement les traumatismes subis, qu’ils soient conscients ou non. Le mouvement dansé permet ainsi en soi de lâcher prise et de « libérer » des blocages inconscients emmagasinés dans le corps à certains endroits. La pratique artistique couplée à cela ainsi que les vertus reconnues du sport sur le bien-être physique et mental, permet davantage de libérer l’individu sans que lui-même ne s’en rende compte. C’est d’ailleurs en cela que le patinage comme d’autres activités artistiques sont excellentes pour la santé mentale, dans le sens où dans l’Art quel que soit sa forme, l’inconscient s’exprime avant tout sans qu’on s’en rende compte ou qu’on ait une quelconque maîtrise ou un quelconque contrôle en soi. On laisse faire et c’est ça la magie du processus libérateur. Les effets surviennent spontanément et durent dans le temps et à force de répétition

Pour en savoir plus 

Sur l’Art-thérapie et la danse-thérapie :

Art-thérapie, 16 juillet 2025

https://www.medoucine.com/pratiques/art-therapie

GIRAUD Jean-Jacques et PAIN Benoît, « Présentation de l’Art-thérapie », pp.258-263, 

https://stm.cairn.info/revue-hegel-2015-4-page-258?lang=fr

ASSELIN Geneviève, « Danse-thérapie », 9 avril 2025

https://www.passeportsante.net/fr/Therapies/Guide/Fiche.aspx?doc=danse_therapie_th

Retrouvez dans cet article que j’ai écris en mai 2026, les bienfaits du patinage sur le corps et l’esprit : https://enharmonice.com/bienfaits-du-froid-et-de-la-glace-sur-le-corps-et-lesprit/

Et retrouver ici les bienfaits qu’apporte la pratique du patinage sur la régulation de nos émotions. Vous verrez en quoi, au même titre que la danse, il peut apporter un bien-être mental et émotionnel.

Bonne lecture et à très vite pour de nouveaux articles !

N’oubliez pas de partager et/ou de laisser un commentaire sur vos ressentis!

Merci:)

Noëlla RICHARD

Noëlla
Noëlla

Pour l’amour de la glisse…

© 2026 [Noëlla RICHARD]. Tous droits réservés.
Toute reproduction, même partielle, sans autorisation écrite est interdite.



Sources:

« Thérapie », Dictionnaire de l’Académie Française

https://www.dictionnaire-academie.fr/article/A9T1012#:~:text=Emprunt%C3%A9%20du%20grec%20therapeia%2C%20%C2%AB%20soin,des%20proc%C3%A9d%C3%A9s%20de%20nature%20diverse.

« Thérapie », Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales :

https://www.cnrtl.fr/definition/th%C3%A9rapie#:~:text=Mani%C3%A8re%20de%20traiter%20une%20maladie,ce%20mot%20I%20A%202%20a)

« Thérapie », Wiktionnaire,

https://fr.wiktionary.org/wiki/th%C3%A9rapie

COMTE Fernand, Les grandes figures des mythologies, Le Grand Livre du Mois, éditions Larousse-Bordas, Paris, juin 1999

KASEY Pierce, « Le Stoïcisme comme thérapie », 18 mai 2023,

https://platosacademy.org/stoicism-as-therapeia-%CE%B8%CE%B5%CF%81%CE%B1%CF%80%CE%B5%CE%AF%CE%B1/#:~:text=The%20Greek%20word%20%E2%80%9Ctherapeia%E2%80%9D%20(,all%20aspects%20of%20holistic%20healing.

Sur la médecine grecque :

Amiri, Bassir, et al., editors. Soignés et guéris par les dieux. Presses universitaires de Franche-Comté, 2025, https://doi.org/10.4000/13k8z

https://books.openedition.org/pufc/73877?lang=en

BOURQUIN Jimmy, « Quand la médecine reposait sur « la théorie des humeurs » du médecin antique Hippocrate, 24 février 2021, France Inter

https://www.radiofrance.fr/franceinter/quand-la-medecine-reposait-sur-la-theorie-des-humeurs-du-medecin-antique-hippocrate-8289260

CARTWRIGHT Mark, Ancient Greek Medecine,  11 avril 2018, World History Encyclopedia

https://www.worldhistory.org/Greek_Medicine

Sur l’Art-thérapie et la danse-thérapie :

Art-thérapie, 16 juillet 2025

https://www.medoucine.com/pratiques/art-therapie

ASSELIN Geneviève, « Danse-thérapie », 9 avril 2025

https://www.passeportsante.net/fr/Therapies/Guide/Fiche.aspx?doc=danse_therapie_th

GIRAUD Jean-Jacques et PAIN Benoît, « Présentation de l’Art-thérapie », pp.258-263, 

https://stm.cairn.info/revue-hegel-2015-4-page-258?lang=fr

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